J’avais moyennement envie de rejoindre Google + hier, mais la curiosité a été plus forte et je suis allé faire un tour ce matin.
Malheureusement, l’inutilité latente que j’anticipais se révèle être au rendez-vous.
Google peut-il être social ?
En clair, Google n’a pas compris comment prendre le virage social par le bon bout.
Facebook est passé maître dans l’art d’aider les gens à glander. Vous pouvez passer une journée entière à traîner dans tous les recoins de Facebook pour passer le temps à ne rien faire de vraiment intéressant ou utile, mais ça divertit et ça rend même accroc.
De l’autre côté, Google nous aide à trouver de l’information. Ce que j’aurais attendu d’un réseau social par Google serait de l’information validée par mon cercle de connaissances, d’amis et de ma famille.
Par exemple, je veux aller voir un film et Google me dit que mes potes ont aimé va certainement m’influencer pour prendre ma décision.
Ce que je vois de Google + est une timeline qui n’apporte aucune valeur ajoutée par rapport aux autres outils (Google Buzz y compris).
Ensuite, il y a le joli drag and drop pour classer tout mon « réseau » dans des cercles selon affinités. C’est joli et ça donne un air vaguement Apple/OS X. Normal c’est Andy Hertzfeld, le créateur du Macintosh en 1984, qui a désigné l’interface. Côté code, on ressent également l’influx d’un génie tel que Hertzfeld qui supporte le concept de la poésie du code source.
Après, Google + rassemble Picasa (photos), Google Voice et Google Talk.
Ce que je redoutais est le flood de mon Gmail avec l’activité Google +. Mon objectif immédiat est de désactiver cette fonctionnalité plus qu’agaçante.
Bref, Google + n’est qu’un flop de plus car je ne peux pas croire que les utilisateurs puissent trouver un quelconque intérêt dans ce service insipide. Parmi mes autres avis sur des outils et service Google, j’avais déjà annoncé l’échec en avance de Google Wave et j’étais resté mitigé sur Google Buzz. Malgré les efforts évidents pour mettre en avant ce service, je suis quasiment sûr que le futur me donnera raison.
Aujourd’hui, l’objectif avoué de Google Plus est d’entamer l’archi-domination de Facebook qui est devenu un Web à lui tout seul. Le service sera peut-être un plus pour les fanas de Google, mais je suis certain qu’il n’arrivera pas à transférer massivement les utilisateurs Facebook.
Cependant, j’accepte volontiers d’avoir tort et nous verrons si le transfert Facebook vers Google + s’opère. Les paris sont ouverts!
Conclusion
Google+ est complètement nul et je retiens ma pensée. L’effet d’annonce engendre une certaine émulsion qui va juste faire flop car cet outil n’apporte absolument aucune valeur ajoutée à mon besoin d’être mieux informé par Google. Mon cercle de connaissances pourrait me donner une info pertinente triée par Google, mais nous avons déjà pris les devants en innovant dans une manière de rechercher qui sort du giron des moteurs. C’est la recherche via les outils sociaux ; je pose une question sur Twitter ou Facebook et mes contacts me répondent. Si Google pouvait anticiper cela, c’est le jackpot au lieu du plouf actuel.
Le pire dans cette bataille pour dominer le secteur des réseaux sociaux était déjà à l’avantage de Google bien avant que Facebook existe. Cela s’appelle Orkut et n’a jamais été pris pour plus qu’un projet alternatif, alors que c’était exactement Facebook avant l’heure.
Cependant, je sais aussi que Google travaille sur la recherche d’information sans chercher. Cela n’est pas forcément social, mais c’est sur ce terrain que le moteur est le plus fort.
Edit 03/07/2011 : j’ai reçu certaines (vives) critiques pour un billet court et soi-disant sans argument.
Pour ceux qui voudraient plus de substance que mon maigre contenu, je conseille la lecture du Google Plus 50 de Chris Brogan.
