Ceux qui pensent que j’ai des avis tranchés et parfois à contre-courant sur le référencement ont tort et raison à la fois.
En fait, mon propos est simplement de remettre sur la voie certaines notions qui se sont perdues en route, tout en ajoutant les indispensables évolutions. En parallèle, il faut évacuer tout ce qui est bullshit et puis le plus important consiste à s’imprégner du cas particulier.
La nécessité du SEO clairvoyant est arrivée.
Venant du marketing et de la communication dans une autre vie, j’avoue que certains qualificatifs ne sont parfois qu’un repackaging de valeurs déjà existantes.
Jusqu’à présent, j’utilisais « référencement contemporain » pour exprimer mon approche du métier qui consiste à coller de près aux fondamentaux, tout en préservant une symbiose avec chaque cas particulier que représente un site, puis rajouter par dessus certains avantages décisifs (médias sociaux, Black Hat SEO, etc.).
Le phénomène Joe Hall
L’un de mes (nombreux) brouillons billets de blog est intitulé « référencement contemporain », mais il restera à l’état d’avortement puisque je suis tombé sur un billet de l’incroyable Joe Hall qui déclare « How I became a postmodern SEO « .
Pour ceux qui ne connaissent pas ce Web entrepreneur plus qu’atypique, découvrez Joe Hall et passez le bonjour à sa création Sivle.
En quoi consiste le référencement post moderne
Au lieu de coller à une vérité universelle, le référencement post-moderne ne connaît pas de fait établi sans prise en compte du contexte.
La dernière fois que j’exprimais cette idée était au travers de mon billet Volez au lieu de copier vos concurrents, mais il y en a d’autres comme La triplette du bourrin ou H1 ne sert pas à faire n’importe quoi.
Comme dit Joe Hall :
« chaque situation est différente. Certains sites vont réussir avec du contenu de qualité impeccable, tandis que d’autres vont échouer. Certains vont s’en sortir avec des liens bien crades et d’autres vont se casser la gueule. A la fin, pour le référencement post-moderne, il n’y a pas de standards, pas de meilleure manière de faire et pas de bonne ou mauvaise façon d’aborder les choses. A la place, nous opérons avec un éventail large de potentiel et de possibilités. »
Pensez global, agissez local
Cet adage marketing basique résume la manière d’aborder le référencement pour aujourd’hui et demain.
Vous allez me dire qu’il n’y a rien de nouveau puisque vous essayez à chaque fois d’imprégner les préconisations en face du cas particulier.
Sauf que la standardisation des systèmes utilisés pour construire un site Web entraîne une uniformité d’optimisation qui va à l’encontre du référencement post-moderne. Puis je ne vais pas m’étendre sur les sites qui me passent entre les mains et qui ont déjà bénéficié de plusieurs couches d’actions censées optimiser le référencement. Pourtant, j’observe aisément une absence totale de l’essentiel et encore plus de la subtilité qui peut se transformer en avantage décisif.
Certaines contraintes du développement de priorités du marketing sont de véritables murs en face de l’optimisation pour le référencement. Les options consistent à botter en touche ou à analyser le contexte afin de dégager une solution pour impacter la visibilité durablement et efficacement. La subtilité venant en respectant l’existant du mieux possible car le référencement post-moderne ne se veut pas idéaliste pour autant. Bien au contraire, il n’y a pas de méthode plus concrete et précise pour cadrer un projet Web.
Dans tous les cas, faire les choses comme les autres n’est pas la bonne solution. A la limite, le truc ultime consiste à faire du référencement sans en avoir l’air. Je suis effaré du manque de maîtrise des facteurs influents pour le référencement. Répéter sa balise Title partout et n’importe où ne sera jamais opportun ; sauf bien sûr dans certains contextes où le site possède suffisamment de popularité, autorité et notoriété pour se permettre à peu près tout ce qu’il veut.
L’instinct du référenceur
Apprendre les fondamentaux les techniques, les bidouilles et mêmes les notions les plus avancées n’est pas compliqué à appréhender. Il faut juste bûcher !
Par contre, c’est beaucoup plus dur de détenir l’instinct qui permettra d’appuyer sur le bon levier afin de mettre les moyens adéquats en fonction des objectifs définis.
J’ai un autre brouillon de billet qui dort depuis des mois sur cette notion d’instinct. Sans avoir à attendre son éventuelle publication, le principe consiste à s’imprégner de l’algorithme des moteurs de recherche pour anticiper leurs besoins. Ce sont des machines simples et compliquées à la fois, mais notre jugeote sera toujours capable d’interpréter précisément ce qu’il faut faire pour obtenir des résultats.
Seulement, cela requiert de franchir certains paliers qui ne sont pas à la portée de tous. Tout du moins avant certaines phases de connaissances qui vont bien au-delà de la simple application du manuel du référenceur du dimanche. Même lorsqu’il s’agit de passer du côté obscur de la Force, Rudy nous résume parfaitement l’idée lorsqu’il exprime The Xrumer effect… Ce n’est pas l’outil qui fait le moine. En passant, lorsqu’on me demande un bon tutorial sur Xrumer, je réponds de prendre une formation avec Rudy. Tous les posts de forums ou eBooks ne remplaceront jamais la valeur ajoutée d’un transfert de compétences par un spécialiste. Puis je bondis quand on me répond que 1000€ la journée c’est trop cher (pour info, je suis bien plus cher) ! Alors retournez à vos eBooks et vos posts de forums, si vous ne voyez pas le gain qui consiste à passer quelques heures en « one to one » avec un consultant.
Une stratégie SEO doit être limpide et le référenceur doit voir parfaitement clair dans ce qu’il tient entre les mains et comment s’y prendre pour l’amener où il veut. Focaliser sur l’important et passer outre les détails n’est pas la question. Plutôt, l’objectif consiste à percevoir comment se comporte le site et les leviers à actionner pour lui faire passer des niveaux supplémentaires en termes de visibilité. Cela peut se résumer dans une poignée d’éléments ou dans une multitude de détails; tout dépend du contexte dans lequel vous opérez!
Cette clairvoyance peut prendre plus ou moins longtemps à venir, en fonction de chacun. Pour mon cas particulier, j’ai eu la chance d’avoir le déclic très tôt, au travers du concours « mangeur de cigogne« . On opérait nos actions pour faire grimper nos pages ou dézinguer celles des autres pendant la journée, puis on se réunissait la nuit sur IRC pour mater ensemble le refresh des DataCenters Google. Je peux vous assurer qu’après 3 mois de cet exercice, vous n’êtes pas capable d’écrire noir sur blanc la formule mathématique de l’algorithme Google, mais vous savez exactement ce qu’il veut pour valoriser ou dévaloriser une page Web.
Le concours « mangeur de cigogne » s’est déroulé en 2004, mais aujourd’hui le principe est exactement le même. Bien sûr que les moteurs ont évolué et qu’il y a beaucoup plus de monde au portillon, mais il n’y a rien de rien de compliqué à déclencher la clairvoyance qui consiste à s’imprégner du cas particulier pour coller parfaitement aux envies des outils de recherche; c’est juste plus difficile qu’avant. Bien entendu, auparavant, cette fameuse clairvoyance inhérente au référencement post-moderne doit être acquise.
Je mets bien l’accent entre « compliqué » et « difficile« . Le référencement post-moderne est difficile, mais n’est pas compliqué.
Crédits photo intro : @jjordanlanhamm
