H1 ne sert pas à faire n’importe quoi

Rien de bien compliqué à suivre la règle sémantique qui dicte que les balises d’en-têtes servent à hiérarchiser le contenu textuel.

Pourtant, un échange récent sur Webmaster Hub avec un espèce d’illuminé de bas étage tourne au vinaigre car il maintient que H1 possède sa place dans le Header.

Retour sur l’utilisation des balises d’en-têtes et H1 en particulier, ainsi que son implication pour l’optimisation du référencement.

De la bonne utilisation de H1

Une bonne fois pour toute, il faut poser les jalons adéquats concernant l’utilisation des balises d’en-tête (H1 à H6). C’est pourtant simple car ces balises servent à formater les différents sous-titres apparaissant dans un texte. Il faut commencer avec H1 qui définit le titre principal du texte, puis ensuite on descend pas ordre décroissant d’importance jusqu’à H6 pour le sous-titre le moins important.

Pour en revenir à l’énergumène répondant au doux sobriquet de paolodelmare, il me maintient au delà du niveau de ridicule le plus poussé que H1 est tout à fait adéquat pour formater le Header d’un site (zone où figure le logo – en haut de page), le plus gros argument balancé évoque le fait que des « gros sites à très fort trafic » utilisent cette technique. Malheureusement, être un « bon gros site » reconnu ne veut pas dire que ce n’est pas codé avec les pieds. J’ai des monceaux d’audits qui peuvent prouver ce fait établi.

J’en rajoute même une couche car le Header  n’est pas la seule zone où figure une utilisation malpropre des balises d’en-tête. Les menus et autres zones fixes d’un site sont très souvent formatées à l’aide de balises d’en-têtes. Là où c’est encore mieux concerne ceux qui vont mettre plusieurs H1 (il en faut une et une seule) et rien d’autre ensuite. Les plus téméraires iront mettre H1 plus H2, mais niet du reste de la hiérarchie et surtout c’est cantonné à des endroits où il ne sied pas de l’utiliser.

Il existe un moyen très simple qui consiste à attribuer une class spécifique à ces parties du site, plutôt qu’utiliser une balise d’en-tête. Le truc est que ça épargne de se fatiguer à introduire quelques lignes de code supplémentaire en passant par les balises d’en-têtes. Entre ignorance, incompétence et fainéantise, on se retrouve avec les standards qui se font tailler un costard. Je suis loin d’être un Ayatollah du W3C, mais il n’est pas difficile de respecter le minimum syndical. Sans compter que ce fameux paolotruc dit en premier lieu qu’il faut ordonner le texte à l’aide des Hx, mais bizarrement il démarre sa recommandation avec H2 en suggérant que H1 va servir à formater le Header.

Ne croyez pas toujours ce que vous voyez en face

Peu importe si les sites qui font une mauvaise utilisation des balises d’en-têtes soient de notoriété impeccable ou engrange un trafic monstrueux. Cette utilisation va à l’encontre de la règle sémantique. Il n’y a pas de latitude à imaginer comme un H1 qui doit s’échapper miraculeusement à la règle – surtout lui d’ailleurs.

Maintenant, mon fan numéro un en vient à ausculter mes sites pour me signifier que je suis incohérent et incompétent puisque je n’utilise même pas H1.

Pour la gouverne de ceux qui souhaitent regarder le code source de ma page d’accueil, H1 servait effectivement à formater le Header comme un goret ; ce qui est monnaie courante parmi de nombreux templates WordPress. J’ai donc viré cette optimisation contraire aux règles de bienséance, mais j’avoue avoir laissé mon code source en chantier et du coup je n’ai pas de H1 sur  ma page d’accueil. C’est déjà assez boulot de hacker un template WordPress pour l’utiliser en statique et j’avoue n’avoir pas eu la présence d’esprit de mettre un H1 dans le contenu après l’avoir enlevé du Header (vu qu’il est impossible de mettre plusieurs H1). D’ailleurs, je pense laisser ma page d’accueil sans H1 rien que pour continuer d’alimenter la bêtise des imbéciles.
Par contre, j’ai modifié le template du blog qui contient bien le sacro saint H1 dans les billets.

Ne pas respecter les règles en sachant exactement ce qu’on fait n’est pas comparable à ceux qui sont persuadés de détenir une espèce de vérité bidon établie à partir de l’incompétence de certains. D’autres vont décider de violer les règles sciemment, mais ça ne s’apparent pas non plus à de l’incompétence. Ce qui est néfaste concerne ceux qui croient détenir une vérité, alors qu’ils sont simplement incompétents. Je glousse d’autant plus lorsqu’on me demande de prouver par A+B ce que j’avance – soi-disant parce qu’il n’y a rien de mieux que la méthode scientifique. Désolé, mais le reverse engineering à la petite semaine reste au placard en ce qui me concerne. J’ai passé le stade de tirer des conclusions à 2 balles en observant un site qui contiendrait une éventuelle clef permettant de comprendre l’algorithme de Google.

Pourquoi faudrait-il prouver l’évidence ? Après libre à chacun de ne pas respecter la règle, mais tenir tête jusqu’à se vautrer dans sa propre fiente relève d’un état d’esprit peu recommandable. Bref, laissons le guignol de côté pour poser quelques concepts importants relatifs à H1.

H1 et le référencement

Respecter les règles de la sémantique est une chose, mais il est bien connu que H1 est relativement utile à l’optimisation pour le référencement. Il est connu que H1 possède une forte pondération pour Google. Je lui donnerai même une note de 5 sur 10. A titre de comparaison, TITLE possède un solide 8,5 sur 10. H1 est donc non négligeable, même si ce n’est pas du même acabit que TITLE.

Il est évident que gaspiller cet élément dans un Header n’est pas une stratégie optimale, mais  en fait c’est bien plus subtil que ça. La répétition de mots clés aux endroits stratégiques du code source se révèle finalement totalement contre efficace. En clair, suivez le petit manuel du référenceur et vous n’arriverez jamais à vos objectifs. C’est-à-dire que le mot clé répété dans tous les endroits favorables au référencement n’est pas une optimisation assez subtile de nos jours. Il est certain que les moteurs de recherche vont flairer l’optimisation de bourrin qui sent bon le référencement primaire, rendant impossible la grimpette souhaitée des pages au sein des résultats de recherche. Ca serait trop facile de suivre l’optimisation standard et espérer toucher le jackpot. Désolé de casser les faux espoirs, mais les moteurs ne sont pas idiots au point de tomber dans le panneau de celui qui va glisser les mots clés ciblés partout où ça sent bon la pondération pour le référencement. Tout le monde suit cette optimisation basique et il n’y a qu’une poignée de positions à décrocher. La vérité est donc ailleurs.

Un peu de subtilité

Au lieu de truffer les éléments prépondérant pour le référencement des mêmes mots clés identifiant la requête cible visée par la page, il faut plutôt équilibrer l’optimisation en mettant le mot clef dans certains endroits, puis glisser des cooccurrences ou autres termes complémentaires qui vont renforcer les mots clefs principaux au lieu de les desservir comme une répétition à outrance va engendrer. Par exemple, je mets les mots  clés dans TITLE et une poignée de fois dans le début du contenu textuel, mais je place des cooccurrences dans H1 et dans l’URL. Ainsi, H1 peut se révéler un atout ou un piège selon l’optimisation réalisée. Etant donné la vaste majorité de sites Web qui ont choisi cette structure primaire, ils ne décollent pas des tréfonds de l’index Google.

Ca se complique encore plus car certains sites peuvent se permettre une optimisation que d’autres n’ont même pas la moindre chance d’avoir l’ambition de profiter. Les deux éléments principaux favorisant cette largesse de la part de Google & Co. sont l’ancienneté et la popularité.

En plus, il faut bien comprendre que l’optimisation pour le référencement requiert d’utiliser certains paramètres qui suffiront à atteindre un positionnement viable, mais il devient contre productif de pousser plus que nécessaire en fourrant le mot clé plus que nécessaire. Notamment grâce au développement en dynamique (PHP pour le langage le plus couramment présent sur la Toile), le mot clé peut magiquement se retrouver collé à d’innombrables endroits sans se tracasser outre mesure du pourquoi et du comment. L’exemple que j’adore le plus ces derniers temps concerne les sites qui se croient malins en plaquant un lien interne avec Anchor Text (ancre du lien ou texte figurant sur un lien) ultra optimisé sur tous les mots clés qui paraissent relever une bonne valeur ajoutée. Le résultat est infecte à la lecture et ne trompera jamais le plus mauvais des moteurs de recherche.

Pour terminer, je remercie le gugusse qui m’a bien fait rigoler à s’énerver tout seul et je lui dédicace ce billet. H1 comme les autres éléments « on page » et « off page » propices au référencement doivent être maniés avec respect des règles, standards et autres fondamentaux – au moins pour un minimum de bienséance. Ce n’est pas parce que le plus grand nombre ou même une minorité se vautre qu’il faille emboîter le pas et diverger vers des optimisations tordues. Respectez au moins le minimum nécessaire afin de ne pas se saborder et il est possible de faire quelques écarts comme omettre d’utiliser H1 – ce qui n’a rien à voir avec l’utiliser de manière inadéquate.