Je ne savais pas trop quoi attendre d’un livre dont le sous-titre est aussi vaste que « définir, mettre en pratique et optimiser sa stratégie Web 2.0 ».
Connaissant l’auteur, Guillaume Eouzan, je ne doutais pas que la lecture serait intéressante. Cependant, j’étais largement en dessous de la réalité.
En effet, ce livre est une référence pour ceux qui souhaitent avoir un panorama complet des tenants et aboutissements de la visibilité sur Internet.
Les personnes concernées par cette lecture sont de tout horizon. Le novice y trouvera une stratégie limpide et opérationnelle, tandis que le connaisseur pourra piocher des astuces et des réflexions plus profondes.
Webmarketing au scalpel
Dès le début du livre Webmarketing : définir, mettre en pratique et optimiser sa stratégie 2.0 (ceci n’est pas un lien d’affiliation), on est plongé dans un décorticage précis du vecteur et de la typologie des cibles. Guillaume nous rassure à grandes enjambées statistiques, dont je vais clairement me servir à titre personnel pour appuyer des préconisations.
Bien entendu, c’est possible de trouver ces chiffres en fouinant, mais le travail de compilation présenté dans ce livre permet au novice de comprendre le potentiel et le professionnel possède toutes les infos rassemblées.
Tout en restant très pragmatique dans le cheminement, Guillaume n’hésite pas à mettre en avant des concepts novateurs, comme par exemple la Vache Pourpre de Seth Godin.
C’est cette manière de jongler entre généralités et détails que j’ai particulièrement apprécié. Par exemple, après avoir déroulé 4 pages sur les principes de base d’une stratégie Web, le lecteur rencontre « les petits détails qui font la différence » avec le catalogue de la marque Jules où les photos donne un sentiment de mouvement grâce à la position des mains.
Dans le chapitre sur le référencement, j’aurais certainement expliqué les choses différemment et il y a même quelques points qui mériteraient d’être mieux détaillés (par ex : White Hat et Black Hat), mais l’essentiel est là.
Je suis moins d’accord avec le bluff véhiculé par Google sur la « qualité » du contenu, ainsi que l’affirmation sur l’intégration de la sémantique dans le moteur. Certes, les entités nommées sont un pas en avant, mais Google est loin d’être un moteur sémantique.
Le problème de l’édition papier est aussi parfois en décalage avec la réalité des changements fulgurants sur Internet, comme avec la définition de Google Vidéo qui n’existe plus.
Ah si, il y a un détail sur lequel tout le monde se gourre et Guillaume est tombé dans le piège : alt n’est pas une balise, mais un attribut.
Un autre point fort du livre concerne les outils préconisés. Il faut plus qu’une poignée de paragraphes pour maîtriser SEMrush ou Majestic SEO, mais c’est déjà une excellente piste de les recommander. Dans tous les cas, je valide les options proposées.
Pour le reste, rien n’est oublié : Adwords, Réseaux Sociaux, emailing, newsletter, affiliation…
Le chapitre analytics est un piège car l’exploration de Google Analytics en 20 pages pose forcément problème. D’ailleurs, l’intro ne trompe par en référant un ouvrage spécialisé.
Cela dit, les conseils prodigués sont pertinents.
Sinon, j’aurais aimé voir des suggestions d’alternatives à l’outil Google…
Microscope et télescope
La difficulté pour ce livre est de faire un tour d’horizon complet des vecteurs de trafic, tout en donnant des conseils précis pour mettre en œuvre la stratégie.
Le Power User peut piocher une astuce ou une réflexion plus profonde, tandis que le profane saura capter tous les enjeux à explorer.
Franchement, je m’intéresse rarement à ce type d’ouvrage, mais Guillaume m’a tenu en haleine grâce à cette alternance de vision au microscope et au télescope.
Bravo car ce n’était pas gagné d’avance d’arriver à me faire lire 280 pages sur le Webmarketing…