La conférence tenue en live hier sur Facebook par Mark Zuckerberg annonçait le partenariat avec Skype, mais nous éclaire sur son point de vue à propos de la concurrence mise en route par Google +.
C’est Ben Parr de Mashable qui a posé la fatidique question à Zuckerberg afin d’avoir l’avis du grand manitou de Facebook sur son récent adversaire.
Au départ, la conférence était surtout orientée pour annoncer l’arrivée de Skype comme module de vidéo tchat au sein de Facebook, mais Zuckerberg n’a pas échappé à la question fatidique.
Etre un réseau social avant tout
Etonnamment poli dans sa réponse, Zuckerberg explique d’abord que le vidéo tchat est conditionné en premier lieu par le graphe social de ceux qui souhaitent le mettre en place. C’est-à-dire qu’il faut déjà avoir une base conséquente d’utilisateurs avant d’entrevoir ce genre de fonctionnalités. Facebook ou Google + ne sont pas les seuls à proposer du vidéo tchat, mais Facebook se repose sur 750 millions d’utilisateurs avec en plus le choix de Skype comme étant le meilleur (et plus répandu ?) outil disponible sur le marché.
En prenant MySpace comme exemple, Zuckerberg explique la multiplicité des services de vidéo tchat n’est pas la bonne question. En effet, MySpace proposait déjà en 2004 un service similaire, mais les utilisateurs n’étaient pas encore prêts à l’époque. Aujourd’hui, c’est le bon moment pour s’y mettre.
Pour tacler le Hangout de Google+ qui permet de mettre jusqu’à 10 personnes en vidéo conférence, l’argument évoque l’habitude à parler habituellement en duo (pas faux) et la disponibilité de nombreux autres services similaires. Encore une fois, c’est la base d’utilisateurs qui est la clef plutôt que la possibilité de créer un salon de vidéo tchat qui n’a rien de novateur.
Listes ou Groupes ?
Par rapport au concept des listes (ou cercles pour Google +), le fondateur de Facebook explique que la moitié des utilisateurs du réseau social sont actifs au sein de Groupes, mais les listes n’ont jamais marché car les gens ne voulaient pas faire l’effort de trier leurs contacts de la sorte.
Les Groupes Facebook sont conçus pour ceux qui ont la volonté de faire le boulot nécessaire, mais c’est différent de Google + qui oblige à la base d’effectuer le tri et plus encore. Les Groupes sont montés en flèche, contrairement aux listes, même si seulement 5% des utilisateurs ont mis en place une telle fonctionnalité. Le reste se contente d’entrer ou sortir des groupes.
Yahoo Groups moderne ou Twitter rencontre les mailing lists
Finalement, Facebook laisse les développeurs faire le gros du boulot avec les applications (Google Plus n’a même pas encore d’API) et laisser 5% des utilisateurs fondateurs de Groupes se mettre au service des 95% restant.
En fait, Google + est censé concurrencer frontalement Facebook, mais le concept est plutôt un mélange de Twitter et mailing lists, tandis que le leader des réseaux sociaux ressemble à une version moderne des ancestraux Yahoo Groups.
L’un comme l’autre ont des avantages et des inconvénients, mais la pendule tourne contre Google + qui va subir le cycle d’adoption du grand public après avoir plus ou moins séduit les Power Users et Early Adopters.
Si Google + ne peut pas se propager rapidement de manière globale, il restera sans doute un excellent outil pour les fans des services et outils Google, mais nullement au-delà.
A lire également mes premières impressions sur Google Plus (qui ne sont pas forcément gravées dans le marbre).