AccueilMoteurs de recherche ➟ Toute la vérité sur le TrustRank Google

Toute la vérité sur le TrustRank Google


trustrankParmi les légendes urbaines qui circulent à propos du référencement, le TrustRank représente le plus de fantaisies et fantasmes qu’il soit possible d’imaginer.

Il est temps de remettre les choses au clair par rapport au « TrustRank Google » qui n’est pas du tout ce que les gens veulent bien croire.
L’article suivant relate toute la vérité à propos de cette légende urbaine du référencement qui propage un concept élaboré à partir d’éléments contradictoires qui se transforme malgré eux en affirmations absolues.

C’est un hasard de circonstances qui a bêtement enflammé le Web et le petit monde du référencement en particulier.
En effet, une étude est sortie en 2004 par Jan Pedersen de Yahoo !, Hector Garcia-Molina et  Zoltan Gyöngyi de Stanford University. Le titre éloquant est « Combattre le spam grâce au TrustRank » (lien direct vers le .pdf). Dans le même temps, les ingénieurs Google travaillaient sur un projet de filtre anti-phising qu’ils ont nommé TrustRank. Dans la foulée, un brevet est déposé par Yahoo ! pour asseoir la marque TrustRank (US Patent 7,533,092 sur http://patft.uspto.gov/) . Pratiquement en même temps, Google dépose un brevet (US Patent EP1665100A1  sur http://patft.uspto.gov/) à propos d’un système visant à améliorer le classement des articles d’actualité intitulé « Systems and methods for improving the ranking of news articles ». Gary Price sur SearchEngineWatch qui a repéré les dépôts de brevets simultanés s’est empressé de faire l’association entre le papier issu de Stanford University transformé en brevet et le système de classement des nouvelles déposé par Google. Ainsi, est né la légende urbaine qui se base finalement sur un hasard de circonstances, mais ne possède pas une once de vérité. Il faut comprendre que le concept de TrustRank érigé par l’équipe de Pedersen et la marque TrustRank déposée par Google n’ont absolument rien à voir. D’ailleurs, en analysant les faits, la confusion n’est pas si aisée et l’association se révèle plutôt tordue. Il n’empêche que la plupart des observateurs ont voulu y croire, prêtant peu d’attention aux incohérences évidentes.

Certes, l’étude de Pedersen est très intéressante, mais elle n’est pas utilisée par Google pour combattre le spam dans son algorithme qui classe les pages Web au sein des résultats de recherche. Déjà, le rapprochement entre le combat du spam et le classement des pages d’actualité est assez fantasmagorique. Ensuite, il est utopique de croire qu’un brevet déposé par Yahoo!  soit en corrélation avec un autre déposé par Google. Peu importe, la rumeur se répand à la vitesse du Web pour fabriquer une potion magique du référencement.
Les référenceurs et autres passionnés des moteurs de recherche se sont jetés sur l ‘étude de Pedersen afin d’en retirer la substantifique moelle, pensant être tombé sur le Saint Graal qui permet aux apprentis sorciers du reverse engineering de comprendre comment fonctionne l’algorithme de Google. D’affirmations en suppositions, la légende urbaine s’est solidifiée à propos du TrustRank Google qui est désormais utilisé à tort et à travers sur les forums et blogs de webmasters. Chacun publie son analyse qui permet d’augmenter son TrustRank Google, promettant d’insuffler la popularité nécessaire pour propulser un site parmi les requêtes compétitives du moteur de recherche. Il suffit d’effectuer une recherche sur « TrustRank Google » dans votre moteur de recherche préféré pour s’apercevoir de la portée du phénomène et surtout des affirmations colportées à tort. Toutes les ressources majeures ayant attrait au référencement du Web international ont publié leurs conclusions sans chercher à trouver la faille qui me semble pourtant évidente.

Je suis désolé de décevoir tout le monde, mais il n’est pas viable de baser une quelconque théorie sur la popularité d’une page Web à partir de l’étude Pedersen sur le TrustRank. Encore une fois, le TrustRank Google est un filtre anti-phising, dont le concept est beaucoup plus spécifique que la notion générale du combat contre le spam adressée par l’équipe de Pedersen. Bien entendu, l’algorithme du filtre TrustRank de Google est gardé secret et rien n’a transpiré publiquement.

Maintenant, je doute que mon billet puisse démonter la croyance générale car il est acquis que les légendes urbaines ont la vie dure, même si elles s’avèrent fausses et absurdes. Le monde du référencement est un terrain propice pour colporter des notions plus ou moins fantaisistes. L’exemple du TrustRank Google est parfait pour illustrer comment les webmasters et référenceurs s’engagent sur de fausses pistes tout en étant persuadés de détenir la vérité absolue.

Autre lecture intéressante

Vous avez aimé cette lecture ?
Abonnez-vous à ma newsletter pour être le premier au courant de mes dernières trouvailles SEO, distillées uniquement par ce canal.



30 réponses dans “Toute la vérité sur le TrustRank Google”

  • AxeNet dit:

    Pour ma part, je cautionne totalement votre article.
    Je pense que cette confusion a encore été confortée par l’utilisation d’un mot anglais.

    Je dirais pour compléter que pour le petit monde du SEO en France, la notion de trustrank est plutôt relative à celle d’ « autorité ». Tout le monde est à la recherche des fameux baclinks en provenance de sites faisant autorité dans leur domaine.

    Lors d’une récente discussion avec un autre SEO, nous avons fini de manière humoristique en se disant qu’un site faisant autorité était un site qui conserve son classement alors qu’il ne respecte visiblement pas les guidelines de Goolgle, et il y en a…

    Pour ce qui est de la vérité absolue en référencement, je pense que c’est celle qui consiste à remettre en cause ses convictions chaque jour 😉

  • Laurent dit:

    Bonjour,

    Je n’avais jamais pensé au concept de site autorité en ce sens. C’est pas mal vu!

    Par contre, la remise en question est sans aucun doute la marque de fabrique de ceux qui durent dans ce métier.

    Merci pour votre commentaire qui est en fait le premier posté sur ce blog que je viens de lancer 😉
    @+
    Laurent

  • Sylvain dit:

    Je t’ai répondu sur mon blog, mais en substance je suis d’accord, il s’agit surtout d’un problème de terminologie.

  • Vincent dit:

    Intéressant d’avoir analysé le TrustRank dans ce sens. Après je rejoins Axe Net en prenant la traduction littérale de trustrank : rang de confiance. Un site sur lequel tout le monde a confiance est forcément un bon voisin auquel il est agréable de tisser des liens 🙂

  • Gwaradenn dit:

    Amha, tout les influents (comme le mentionne S2M) savent de quoi ils parlent, comme ce que l’on peut lire sur les forums et blogs. N’étant pas chez Google, on donne des noms à ce que l’on découvre, pense et parfois théorise.
    Il est plus facile de parler de TR, que de jus. 😉

  • Presse Agrume dit:

    Comme ça fait plaisir de lire ce genre d’articles. 🙂

    La notion de Trustrank est difficile à définir, car tout le monde en à sa propre idée.

    Pour ma part :
    – Je pense que Google utilise des algorithmes antispam se basant sur des idées proches de celles décrites dans l’article de Pedersen. Lire les articles abondants dans ce domaine.

    – Je pense que Google utilise encore le Pagerank comme algorithme de popularité, mais dans une version bien plus évolué qu’il y a 5 ans.

    – Je pense que la pertinence des pages, est non seulement pondérée par le Pagerank, mais aussi par des critères de confiance, tel que l’age du document, ou les critères d’hébergement. Voir le brevet de Google à ce sujet.

    Je pense également, que tout les articles qui tendent à dire que le Trustrank remplace le Pagerank, ou qu’il est appliqué tel que décrit dans l’article de Pedersen sont dans le faux.

  • buzzies dit:

    Effectivement grand mythe par la plupart des SEO : en agence et annonces par le prestige linking associé à un .gouv, et par ceux pratiquant le dark seo, avec les listes de sites edu et autres à spammer.
    Confusion entre TrustRank et les bénéfices d’un site liés à son « grand âge » ? 🙂

  • AnHoneyMouse dit:

    Salut et longue vie à ce nouveau blog 🙂
    Je pense comme Gwaradenn que le nom importe peu au final car en fait c’est parce qu’il sonnait bien que le grand public du SEO l’a adopté, sans faire d’ailleurs référence à un éventuel brevet.
    Si l’on est consciencieux il faudrait effectivement employer le concept d’Autorité au lieu de Trustrank ou du jus, mais les techniques permettant d’augmenter le « Trustrank » ont tout de même un effet positif sur le positionnement dans les PRMR, et finalement c’est ce qui importe. 🙂
    @+

  • Funnycat dit:

    Je suis d’accord avec cet article. La confusion entre les « TrustRank » est facile et monnaie courante sur le web et même chez certains référenceurs. J’avais rédigé un article il y a plusieurs mois sur le sujet mais en effet ce n’est pas évident de casser les idées reçus et les légendes.
    Par contre, je n’ai pas réussi à trouver le brevet déposer par Google et je ne sais pas si on a réellement des informations détaillés à son sujet par conséquent je ne suis pas persuadé qu’il est possible de conclure en disant que c’est « filtre anti-phising ». A moins que j’ai raté un petit détail.

    Quoiqu’il en soit, très bonne continuation, j’aime ce style éditorial.

  • Laurent dit:

    La confusion d’intitulé mentionnée par AnHoneyMouse et Gwaradenn ne me paraît pas si anodine que cela. D’ailleurs, ça rappelle une autre confusion qui concernait la défunte Google Dance. M’enfin, ce n’est pas si dur et pourtant tellement plus juste d’appeler les choses telles qu’elles sont. Le TrustRank Google n’est pas l’Authority et cela ne devrait pas se mélanger. Surtout que les analyses sont faites à partir d’une étude qui n’a rien à voir avec l’algo de Google ! Si c’est pour dire que les liens émanant de sites à bonne réputation sont bénéfiques, je crois qu’il n’y a pas besoin d’aller faire des raisonnements plus ou moins poussés à partir de bases qui s’avèrent inadéquates.

    @FunnyCat : je ne crois pas que Google ait déposé de brevet pour ce filtre, mais je confirme mes propos car ma source est Matt Cutts. Voici le lien vers la vidéo où il explique que le TrustRank de Google est un filtre anti-phising et qui m’a servi de base pour ce post http://www.youtube.com/watch?v=p8mUXQzwEvs (tiens j’aurais peut-être dû l’inclure dans le post…)

  • Funnycat dit:

    Merci pour la précision. J’avais déjà vu cette vidéo sans me souvenir qu’il parlait d’un filtre anti-pishing.

  • Laurent dit:

    Hihi ton clavier a fourché et j’ai presque lu « filtre anti-pissing » 😀 J’avoue avoir parfois envie de pisser sur les résultats de recherche…

  • Funnycat dit:

    Oups, en effet le clavier à fourché. Sympa la référence, j’adore l’humour des référenceurs. 😀

  • Alain dit:

    « filtre anti-phising » .. ? « phishing » ? Donc on parle du filtre anti-hameçonnage qui annonce dans le SERP de Google des sites potentiellement dangereux .. ?

    Pour ma part, je pense que ça n’a rien à voir avec ce qu’on a appelé le Trustrank. A mon avis, Google gère bien une « liste » de sites de « qualité » qui sont souvent présentés dans le SERP avec un « sitelink ». J’ai remarqué que faire un lien depuis la homepage d’un site qui possède un sitelink va rapidement transmettre cette particularité à un autre site qui n’en avait pas. Peut être bien que le mot Trustrank a été abusivement utilisé mais il me semble bien que Google utilise un algorithme qui transmet par le linkage une sorte de niveau de confiance. L’annuaire DMOZ me semble aussi avoir une influence décisive dans l’apparition du sitelink. Maintenant, on peut discuter de la notion de site de confiance avec la présence du sitelink… A mon avis, les critères qui en décident sont très liés…

  • Laurent dit:

    Bien sur qu’il existe le critère de qualité chez Google. Le moteur de recherche a initié le Quality Rank pour les liens sponsorisés et embauche des quality raters pour liens naturels. Le concept de « quality » est donc présent officiellement chez Google pour ce que nous savons.
    Ensuite, il y a eu un dépôt de brevet en 2007 qui visait particulièrement les blogs afin de jauger leur « quality ».
    Et j’en passe…
    Par contre, faut appeler les choses par leur nom. C’est tout ce que je veux dire par ici. Le TrustRank est un filtre anti-phising et il n’a rien à voir avec un quelconque critère de qualité pour ceux qui n’ont rien à voir avec le piratage.
    Appelez vos concepts « Quality Rank », « Juice Rank », « Trust Juice », ou tout ce qui vous passe par la tête, mais stop au TrustRank!

  • Al dit:

    Merci pour les précisions ! Je vais essayer d’utiliser les mots qui vont bien…
    Puisqu’on parle des filtres de Google. On sort un peu du sujet du billet … Quel nom donnez-vous au filtre qui pénalise le positionnement sur un mot, et dont on efface l’action en plaçant un accent circonflexe sur une voyelle du mot en question ..??

  • Fred de ConseilsMarketing.fr dit:

    Personnellement, qu’on le nomme « Autorité » , « QualityRank » ou « TrustRank » l’important est que Google note les sites en fonction de leur importance qu’il leur donne…

    Or comme Google ne le nomme pas, ce n’est pas le PageRank comme tout le monde le sait, moi cela ne me pose pas de pb qu’on utilise cette terminologie car à ce jour seul Yahoo utilise ce terme… et il faut bien nommer un chat un chat…

  • Google nous ment car il suit les liens en nofollow dit:

    […] Parmi les légendes urbaines majeurs du référencement qui m’ont fortement agacées, je cite le TrustRank Google. Le cas du nofollow est sensiblement différent puisqu’il s’agit plutôt de mensonges et de […]

  • solaire dit:

    Bien sur, l’algorithme du filtre TrustRank de Google est gardé secret et rien n’a transpiré publiquement.
    Mais de grand nettoyage ont déja eux lieu et il est probable qu’il y en ai d’autres.

  • adoucisseur dit:

    Pwhouaa le nofollow n’a jamais thruster mon site de test depuis plus de 6 mois maintenant

  • Lionel dit:

    Bonjour

    Excellent article Laurent. J’aime cette phrase d’AxeNet « Pour ce qui est de la vérité absolue en référencement, je pense que c’est celle qui consiste à remettre en cause ses convictions chaque jour ». C’est tellement vrai !

    amicalement

  • Le TrustRank est mort! Naissance du Trust Rank… dit:

    […] j’expliquais il y a peu dans mon article pour éclaircir le mythe du TrustRank, la plupart des gens font référence à cette notion par rapport à une étude qui n’a rien à […]

  • Christian dit:

    Hehe, merci pour ton texte Laurent. J’étais trop « jeune » pour connaître cette légende urbaine 😉

  • cheraki dit:

    Bonjour,
    La conclusion serait donc que le TrustRank, n’a aucun incident sur le positionnement des pages sur google.
    Et encore la théorie selon laquelle une liste de sites de confiance notamment les .gov diffusant un trustrank et fausse?

  • Le scandale SEO de la semaine : Stéphane Bortzmeyer dit:

    […] expliquer le bien fondé du Black Hat SEO ou tacler la mythologie comme par exemple le TrustRank ou même dénoncer l’obscurantisme, j’essaye de faire la part des choses; tout en acceptant […]

  • Mirabelle dit:

    Je me posais justement des questions sur ce Trustrank. Je me disais qu’est-ce qu’ils ont inventé là ? Ton article a répondu à cette question. ah les légendes urbaines

    Ton blog est vraiment intéressant. Je saute d’article en article 🙂

  • cissp dit:

    Bonjour,
    La conclusion serait donc que le TrustRank, n’a aucun incident sur le positionnement des pages sur google.
    Et encore la théorie selon laquelle une liste de sites de confiance notamment les .gov diffusant un trustrank et fausse?

  • axel dit:

    Merci pour ces précisions. J’avais bien eu moi-même l’impression que cette histoire de trustrank n’avait pas vraiment d’existence réelle… au final le PR est indice tangible et fiable (à mon tout petit avis).

  • gamer dit:

    Au moins nous sommes maintenant plus conscients des vérités et des mensonges dans le monde SEO et il semble que je ne suis toujours pas encore bien documenté dans tant de choses et cela me gardera peu actualisé de temps en temps!

  • Thomas dit:

    Bonjour,

    Je débute en référencement et j’essais d’apprendre vite. Le plus dure étant de faire le tri dans tout ce que l’on peut lire afin de prioriser les efforts. Je voulais savoir si la notion de trustrank était toujours une légende urbaine.

    http://www.arobasenet.com/2011/09/pourquoi-passer-de-google-pagerank-a-google-trustrank/

    Cette article me parait convainquant dans son approche.
    Je vais essayé d’intervenir régulièrement sur votre blog car il est vraiment très intéressent.