La guerre psychologique par Google contre le SEO

La guerre psychologique par GoogleDepuis son lancement, Google n’a jamais réussi à combattre la domination des SERPS par les référenceurs, spammeurs et webmarketeurs.
Puis, un certain 24 avril 2012, le monde du référencement s’est arrêté de respirer.

Le cruel Pingouin n’est même pas une mise à jour profonde de l’algorithme de classement des résultats de recherche ou une pénalité habituelle.
Pourtant, Google a mis tout le monde d’accord instantanément et la terreur s’est instaurée à jamais.

Quel est le secret de ce tour de force ?

Google Infowar

Plus que jamais, il est nécessaire de comprendre certains concepts de guerre psychologique afin de comprendre comment Google a déstabilisé les référenceurs.

En observant la stratégie mise en place depuis Panda, certains ont compris que « toute guerre est fondée sur la tromperie » comme dirait Sun Tzu.

J’ai souvent cité les propos du général chinois de l’antiquité comme analogie pour le référencement, mais c’est aujourd’hui galvaudé car Sun Tzu est repris à toutes les sauces pour réussir en business, en amour, en développement personnel, etc.

Cependant, je ne peux m’empêcher de sortir quelques citations, comme  :

“Remporter cent victoires en cent batailles n’est pas le comble du savoir-faire”

Par rapport à Panda et Pingouin combinés, l’update Florida de décembre 2003 était beaucoup plus dévastatrice, mais personne ne s’en souvient.
L’équipe anti-spam s’acharne à améliorer les résultats de recherche, mais la vérité est à l’écran avec des SERPS qui ne sont pas « propres ».

Dans le combat de Google contre les abus du SEO, il est clair que le moteur possède une grosse longueur de retard.

Peu importe les évolutions d’algorithme ou les filtres animaliers, puisque les résultats de recherche sont parfaitement dominés par des sites qui ont appréhendés les techniques de référencement. Le purement organique est toujours une utopie.

Opérations militaires et intellectuelles

Tout commence avec Panda, qui est une supercherie arrivée par hasard.

Sans repartir sur le pourquoi et le comment de l’arrivée du filtre défenseur de la prétendue « qualité » du contenu, Google a vite compris qu’il pouvait changer les mentalités, sur le plan global, en touchant une minorité ciblée de victimes.

Avec Pingouin, la stratégie s’est raffinée en incorporant des principes de base tirés de l’Infowar ou guerre de l’information. Cela comporte des opérations de terrain et intellectuelles coordonnées, permettant d’atteindre un impact maximum avec un investissement minimal.

Finalement, la guerre n’est que la continuation de la politique, comme suggère le stratège Liddel Hart en définissant « l’art de distribuer et mettre en œuvre les moyens militaires pour accomplir les fins de la politique. »

Donc, pour en revenir à Google, Pingouin va dézinguer une minorité de sites et tout le monde se sent en danger. C’est la partie opérationnelle de terrain qui est actionnée.

Le résultat est fulgurant!
C’était symptomatique d’observer que pendant 2 ou 3 mois, tout le monde s’est arrêté net de construire le moindre lien.

Sun Tzu disait  : « en tuer un pour en terrifier un millier ».

Ensuite, s’enclenche les opérations intellectuelles, dont Matt Cutts est un instrument central.

La figure de proue de l’équipe anti-spam annonce que la prochaine mise à jour de Pingouin sera un véritable séisme pour les webmasters et SEO.
L’effet est immédiat, puisque tout le monde tremble et se met au garde-à-vous.

Le paroxysme est atteint lorsqu’il lui suffit de tweeter une photo d’une boîte de gâteaux Panda à la fraise pour provoquer des remous!

google panda

Le principe de la terreur insufflé par Google est simple. Nous sommes tous coupables et ce n’est qu’une question de temps avant de se faire choper.
Sauf que si Google était si fortiche, il dégagerait tous les « tricheurs », au lieu de menacer.

Le hic est qu’il ne resterait plus grand monde dans son index si le curseur montait trop haut comme en 2003 avec Florida.

SEO, nous vaincrons!

Les tentatives de Google ne pourront jamais apprivoiser les animaux peuplant la jungle du Web.

Je fais référence à Clausewitz qui explique que les lois du hasard et les travers de la psychologie humaine prendront toujours le dessus sur des schémas tactiques.

Pour remporter la victoire contre Google, il est vital de préserver un moral sans faille. La pire attitude est de se lamenter devant son site tombé sur le champ de bataille ou se pétrifier devant la possibilité d’une quelconque pénalité.

Les règles de combat entre le plus faible et le plus fort imposent de se dérober, de harceler, de bien se connaître et surtout de parfaitement connaître l’ennemi. Tous ces éléments peuvent s’appliquer au référencement.

Se dérober

Au lieu de patauger avec des gros sabots puant le SEO, faites votre possible pour ne pas renifler la suroptimisation. Pensez snipper au lieu de bazooka.

Harceler

Si Google vous fait sortir par la porte, rentrez par la fenêtre. Si une page est tombée sur votre requête fétiche, ne tardez pas à en renvoyer dix autres à l’assaut.

Si c’est votre site qui rejoint les limbes de l’index, plantez une croix sur sa tombe et repartez à l’assaut aussitôt avec des nouveaux soldats, au lieu d’attendre une hypothétique sortie de pénalité.

Google peut bien virer tous les sites pourris qu’il veut, les remplaçants ne sont pas beaucoup plus glorieux.

On est passé du vraiment pourri au fermenté, mais la prétendue super géniale qualité est encore à voir.

Bien se connaître

Je prêche pour ma paroisse, mais l’appel à un consultant peut vous permettre de prendre du recul par rapport à votre situation.

Se mettre à la place du moteur pour évaluer ce qui pourrait ne pas lui plaire et où on peut se permettre de franchir la ligne jaune n’est pas un exercice de style aisé.

Des Bisounours vont prêcher le respect total des règles dictées par Google, mais la réalité est imposée par le chiffre d’affaires.

Connaître l’ennemi

Nul besoin de faire une veille intense, puisque les fondamentaux sont connus depuis toujours.
Nous savons comment faire pour référencer un site dans les règles de l’art.

Le problème est que nous sommes coupables d’avoir profité de raccourcis qui sont en train de se boucher.
Retournez vers les fondamentaux et ensuite saupoudrez de vice et de malice pour être plus compétitif.

On ne peut pas nier que le netlinking était devenu du grand n’importe quoi. Les sites qui peuvent légitimer un profil de liens purement au mérite sont plus que rares.

Conclusion

Ouvrez grand les yeux devant ces opérations de guerre psychologique qui ne doivent pas vous immobiliser.
Vous pouvez continuer de faire les porcs, mais augmentez la prise en compte du facteur risque.
Dans tous les cas, les fondamentaux sont immuables. Certes, ce n’est pas une solution de facilité, mais ça marche tellement bien.

Puis comme arbore dans son dos le GoogleBot Paper Toy de Yakamama : SEO IS NOT A CRIME.