Fuyez les pages Google Plus

J’ai commencé à remplir ma page Google+, attisé par la curiosité, jusqu’au moment où j’ai réalisé l’erreur.

Heureusement que je n’ai pas finalisé l’opération, mais d’autres sont tombés dans le panneau et regrettent amèrement. Jaugez bien les conséquences avant de presser le clic fatal.

Google + s’entête sur la mauvaise voie

Je persiste à dire que Google+ est un échec cuisant, mais cela n’enlève pas le mérite d’un outil techniquement bien léché et qu’il puisse servir à la maigre portion de la population qui adhère au concept.

40 millions d’utilisateurs sont inscrits sur G+. C’est faible par rapport aux 190 millions de comptes Gmail et microscopique devant Facebook qui galope vers son premier milliard. Ne rentrons même pas dans le débat des utilisateurs inscrits et des actifs, sinon le désert de Gobi est plus peuplé que le réseau social.

page-google-plus

Donc, en théorie, les pages Google+ ne sont pas intéressantes pour les entreprises qui veulent draguer ailleurs que la tranche de geeks power users masculins qui gravitent sur le réseau social Google.

En pratique, cette fonctionnalité peut être dangereuse et manque de flexibilité.

Admettons que je sois PDG d’une société et que j’avais ouvert mon profil G+ à titre personnel. De toute façon, je ne pouvais rien faire d’autre car Google m’a interdit d’ouvrir un profil professionnel. Puisque c’est possible maintenant, je décide d’ouvrir ma page, mais je ne réalise pas qu’elle va remplacer mon compte personnel. Dès que je vais poster, cela prendra la casquette pro et pas question de faire marche arrière.

J’ai fermé mon compte Facebook à cause de la confusion entre ma sphère professionnelle et personnelle, ainsi que ma vie aux Etats-Unis et celle en France. Le procédé de Google fonce droit dans le mur pour causer la même confusion pour ceux qui vont finaliser leur page professionnelle à partir de leur compte personnel. Franchement, ma page G+ était plus par curiosité que par besoin, mais je vais totalement zapper cette option.

Si vous optez pour une page G+, démarrez un compte précisément pour cet objectif. Ne faites pas comme Scoble.

Ensuite, la fonctionnalité qui me manque le plus est la possibilité de savoir qui vous suit en retour. J’ai opté pour rendre la pareille à ceux qui me suivent, mais je ne sais pas s’ils me dégagent par la suite. L’add-on Google Minus pour Chrome semblait combler ce manque, mais il ne marche pas (en tout cas chez moi).

Si je compare les possibilités sur Facebook à celle sur G+, la page me semble être une fiche Google Maps sans plus, mais la visibilité en moins. Ah si, il y a le truc des Hangouts en plus… génial !

Pour continuer les manques, un seul compte peut être associé à une page personnelle. C’est franchement nul car une entreprise peut dévouer diverses personnes en charge de l’animation sociale. Inclure la possibilité d’associer plusieurs comptes à une page me semble évident, mais pas pour Google.

C’est utopique de dire qu’ils vont s’améliorer. Depuis le lancement, l’impression qui ressort est que Google s’est précipité en oubliant toutes les règles qui ont régit les lancements précédents. Surtout, ils ont oublié de célébrer leurs échecs. C’est une qualité trop rare et précieuse pour la transgresser.

Au final, G+ continue de me décevoir sur tous les points. Je ne suis pas devin, mais ça commence à se sentir que Google ne possède pas le social dans son ADN.

Lire chez WRI les 10 différences entre un profil et une page Google+

Edit : j’ai réalisé après publication, grâce aux commentaires, qu’il est possible de switcher entre page pro et profil perso, mais cela n’enlève pas le problème. Au contraire, ça rajoute une confusion possible car l’erreur de choix du profil est courante pour ce type de fonctionnalité.