N’utilisez pas l’outil de désaveu des liens chez Google

google-policeLe nombre de personnes qui me contactent, après avoir reçu l’effrayant message de liens factices dans la console Google Webmaster Tools, est en inquiétante augmentation.

Une petite mise au point s’impose.

Ce n’est pas la peine de trembler car les solutions existent et les menaces ne sont pas aussi effrayantes que Google veut bien le faire croire.

Pris par la Google Police

C’est en lisant un billet de Peter Da Vanzo que m’est venue la motivation pour parler de cet épineux sujet.

Penguin n’est pas le coupable du message. La dernière apparition du filtre algorithmique remonte au début du mois d’octobre 2012.
Si vous recevez un message dans la console Google Webmaster Tools, il s’agit d’une pénalité manuelle. Les googlers qui supervisent GWT n’ont pas la main sur les filtres automatiques.

Les symptômes de pénalités, via les différentes typologies de chute du trafic, sont assez bien décris dans ce billet.
Pour Panda et Penguin et autres updates, vous pouvez corréler les dates des changements avec vos stats grâce à une extension Chrome. Il faut mettre la langue de votre compte Google Analytics en anglais pour que ça marche. Un autre tool est Fruition , mais il me sort parfois des analyses bizarres. Il faut vraiment que le score soit très élevé, voire même 100%, pour être certain.

A priori, le site entier n’est pas affecté. Les symptômes concernent le plus souvent des requêtes en particulier et des pages isolées.
Bien entendu, il s’agit de vos requêtes les plus rémunératrices…

En principe, Google doit avoir la certitude que les liens sont manipulés de l’intérieur. Ainsi, il faudrait laisser une empreinte artificielle importante pour que l’analyse de votre site remonte un red flag.
Dans la réalité, on observe que cette certitude de manipulation dépasse allégrement les échanges de liens et autres partenariats.

Le système mis en place par Google est précisément conçu pour faire avouer vos « fautes ».
Si des liens ne lui plaisent pas, il n’a qu’à les ignorer.
Si des liens ne lui plaisent pas, il pourrait nous les communiquer.
Certains accusés sont coupables, mais d’autres ont seulement suivi le petit manuel du référenceur du dimanche.

Une évolution à venir dans la communication Google va donner 2 ou 3 exemples de liens qui ne sont pas satisfaisants.
Bien généreux le salaud, répond à la grogne en jetant une poignée de cacahuètes, mais ne met pas en péril son système.
En obligeant l’accusé à nettoyer son profil de liens, Google reçoit une excellente indication pour améliorer sa lutte contre les techniques de netlinking.

Pire encore, l’outil de désaveu permet des corrélations directes entre les doute émis par l’analyse et les réponses du prétendu coupable.
Comme je disais chaisplusoù, si vous êtes rendus à désavouer vos liens, alors autant désavouer votre site.

Le NSEO n’est peut-être pas qu’une idée farfelue, mais si vous avez un site qui claque, je doute qu’il soit affecté négativement par une attaque. Au pire, on peut faire descendre une page de n’importe quel site, mais le domaine ne va pas broncher. Au contraire, il pourrait bénéficier du blast.
Si vous flippez vraiment d’une arrivée massive et soudaine de liens suspects, je suppose que l’utilisation de l’outil de désaveu reste une possibilité.
Gardons à l’esprit que le véritable NSEO est très rare dans la majorité des thématiques.

Sauf que, dans le cas d’une bouse attaquée, l’idée serait de revoir les fondamentaux pour créer un site qui claque, mais c’est trop tard. Prenez un nouveau domaine et partez avec des balles neuves.
L’objectif de ce billet n’est pas d’expliquer les bonnes pratiques de référencement, donc je ne vais pas m’étendre sur le sujet.
Seulement, pour le volet popularité, pensez écosystème à la place de profils de liens. Un écosystème rayonne et renforce votre site à tous points de vue (popularité, notoriété, autorité).

L’autre option consiste à adopter la stratégie du site jetable. Le Punk SEO n’a pas d’état d’âme à fourguer dans l’index des sites qui sont référencés de manière agressive. Sauf qu’il a préparé des relais pour prendre la place de ceux qui ne montent jamais ou qui sont destinés à tomber.

Il ne faut pas penser qu’une telle stratégie est forcément synonyme de sites XXX, pilules bleues et gambling. On peut faire du e-commerce tout à fait respectable et adopter le site jetable. Le Punk SEO ne fait pas que du bordeline; c’est un état d’esprit avant tout.
Ceux qui font des sites jetables (plutôt des bouses) sans le savoir ne sont pas des Punks SEO.

Se passer de Google n’est pas une idée saugrenue.
Puis n’importe quel business en ligne qui dépend principalement du référencement naturel est forcément bancal.
On peut continuer de profiter du trafic presque gratuit, mais la bonne attitude consiste à augmenter les referers et le trafic direct dans vos stats. Idéalement, je préconise un camembert en trois tiers. Maintenant, plus la portion référencement naturel est réduite et mieux on se porte.
On doit penser visibilité au lieu de référencement.

Sortez par la porte et rentrez par la fenêtre

Le nettoyage des liens est sans doute la pire tâche imaginable dans le métier du référencement. En plus, la conséquence évidente est de s’auto-flinguer la popularité. Du coup, la situation ne peut qu’empirer.
C’est une situation abominable, donc nettoyez ce qui vous semble trop spammy, mais ne soumettez pas de demande de réinclusion. Je garantis que vous allez recevoir une fin de non recevoir, impliquant d’aller plus loin dans le nettoyage.
Le cas le plus tragi-comique concerne un site, dont tous les liens ont été désavoués, qui s’est tout de même fait envoyer paître.
J’ai aussi vu un cas où la demande de réinclusion est partie sans avoir fait de nettoyage. Google a répondu que tout était désormais ok…
Certainement que l’outil paraît être une porte de sortie salvatrice pour certains cas, mais gardez le en dernier recours.

Si vraiment vous avez été atteint par Penguin (ou Panda) c’est la merde et je reste poli. Personnellement, je n’ai jamais vu un site récupérer son niveau antérieur à la pénalité. Ce sont de belles saloperies qui flinguent un site pour de bon. On peut observer des hocquets d’espoir, mais les bonnes grosses requêtes que le site squattait sont perdues.

Par contre, s’il s’agit uniquement d’un filtre localisé sur certaines requêtes et pages, alors rentrez par la fenêtre, après que Google vous ait jeté dehors par la porte.

Surtout ne redirigez pas la page flaggée et encore moins une bonne idée de la mettre en 404. On laisse le filtre bien en place sur la page.

Comme le moteur est totalement idiot, il ne verra pas que vous repartez à l’assaut avec une nouvelle page. Cette page devrait contenir un contenu neuf et sera liée depuis les menus à la place du soldat tombé au combat.
Si tout va bien, il suffit de quelques jours pour retrouver une position proche de l’ancienne. Ensuite, saupoudrez de backlinks et ça devrait le faire.

Allez y molo en liens car j’ai vu des cas où la nouvelle page se retrouvée bloquée, par exemple fond de première page.
Une page qui fait un burn envoie un signal fort; elle sera sans doute auscultée par des algorithmes. Si un red flag est levé, une analyse manuelle pourra suivre.

Zen

Du côté de ceux qui sont harcelés par les demandes d’élimination de backlinks, ça devient saoulant. Je le fais sans problème pour les copains ou si je suis de bonne humeur, mais sinon j’envoie une facture d’un montant de 200€ pour virer le spamco.
Pour l’instant, pas une seule facture n’a été honorée…

Je ne vais pas repartir sur la notion de guerre psychologique menée par Google, mais son système d’auto-dénonciation via le nettoyage de liens et l’outil de désaveu est un flagrant constat de faiblesse par le moteur à combattre l’abus.

Si Google était si sophistiqué qu’il le prétend, il n’aurait pas besoin de traiter des webmasters mainstream comme de vulgaires spammeurs.

La majorité de ceux qui reçoivent le misérable message de liens artificiels sont pris en otages.
Les véritables spammeurs s’en foutent complètement. D’ailleurs, ils n’utilisent pas la GWT.

Restez zen ou devenez un punk, mais pitié ne rentrez pas dans le jeu de cet enfoiré de moteur. Se mettre à flipper, tel un poulet sans tête, est la pire attitude.

Crédits photo intro : Tyne & Wear Archives & Museums