J’ai un brouillon daté de septembre 2010 intitulé Blekko qu’il est grand temps de sortir des cartons.
Ce moteur de recherche qui fonctionne sur le concept du slashtag permettant de customizer les résultats est une alternative non négligeable à Google qui est toujours plus dominé par les spammeurs, référenceurs et autres web marketeurs.
Pour faire connaissance avec Blekko, l’inévitable Scobleizer nous gratifie d’une longue interview vidéo.
Ayant eu le privilège de faire partie des premiers invités à la Beta de Blekko (lien vers mon profil), j’ai commencé par créer le slashtag référencement en nettoyant la requête des offres commerciales, laissant uniquement les sources d’info à disposition.
On slash in les bons résultats et on slash out les indésirables. Le concept est d’obtenir le Web qu’on veut.
Spam toujours
L’emprise des professionnels de la visibilité Web est totale sur Google. Pour garder un semblant de naturel, le moteur de recherche a trouvé comme palliatif de valoriser Wikipedia qui squatte un résultat quasiment sur toutes les premières pages de Google.
Autrement, dur de se faire une place au soleil sans prendre en compte le référencement – que ça soit du côté obscur de La Force ou Mr Propre.
A partir de ce constat, Blekko propose une alternative assez intéressante.
Le principe de base se base sur le concept du slashtag ou résultat de recherche sur-mesure qui est édité manuellement par les utilisateurs et modéré par l’équipe de Blekko.
Au fait, les amis ApocalX et Jeffer avait lancé Google Filter en 2004 qui avait aussi pour concept de ne plus voir certains sites dans les résultats de recherche Google.
Wikipedia avait aussi lancé un moteur basé sur la participation des internautes, mais le projet Wikia fût avorté en 2009 pour le transformer en un Yahoo! Answers like.
Google me permet de vivre confortablement depuis 2004 et j’ai bien profité des belles heures du MFA (MadeForAdsense) ou de l’affiliation. Aujourd’hui, je me tourne vers d’autres modèles car j’ai toujours dans l’esprit que les filons sont rapidement saturés sur Internet. En fait, j’ai tort car fourguer des pages au moteur dans l’espoir de racoler un clic publicitaire, un formulaire ou une commission de vente marche toujours aussi bien.
La concurrence est plus rude, mais le moteur est toujours aussi faiblard à lutter contre toutes les formes plus ou moins agressives de spam. Certains comme Kryter ont même fait de belles pirouettes commerciales sous prétexte de cibler la Longue Traîne. Le gavage du Google va perdurer tout autant que pour les canards et les oies dont nous avons dégusté le foie à Noël.
En passant, Matt Cutts m’a fait sourire en lançant un tweet solennel pour annoncer que le cloaking sera en ligne de mire. Brrr la planète Black Hat SEO doit être verte de trouille.
C’est bien beau de compter sur des effets d’annonce, mais reste à prouver une véritable efficacité.
Aujourd’hui, j’ai bien l’impression que le momentum est en faveur de Blekko car il y a le spam et les référenceurs qui sont omniprésents, mais les fermes de contenu sont aussi des résultats qu’on ne souhaite pas forcément consulter. Les eHow, About et autres champions du contenu de (très) basse qualité ayant pour seul but de racoler vers un clic publicitaire sont bien valorisé par le moteur, mais commencent sérieusement à gaver l’utilisateur avancé.
Que ça soit John Battelle, Rand Fishkin, Keeg ou moi-même (juste quelques liens parmi tant d’autres), certains professionnels mettent maintenant sérieusement en doute la capacité de Google à endiguer le spam.
Même TechCrunch ou Slate s’y mettent en citant également Blekko comme une alternative à noter.
Outil pour le référenceur
La grosse surprise de Blekko arrive en cliquant sur le bouton SEO qui est proposé à côté d’un résultat. Contrairement à la console Google Webmaster Tools ou celles de Bing et Yahoo!, les informations divulguées par Blekko sont transparentes. Je rappelle qu’il existe parfois un fossé entre ce qui se trame réellement dans l’index d’un moteur tel que Google et se qu’il retourne dans un interface comme les résultats de recherche ou la console webmaster. Ne prenez jamais rien pour argent comptant!
Plusieurs onglets sont à disposition : liens entrants, statistiques de crawl, pages indexées, comparaison entre deux sites et contenu dupliqué. Il n’y a que les résultats du contenu dupliqué qui m’ont laissé dubitatif. Cette partie doit être améliorée car c’est loin de m’avoir convaincu pour l’instant. Sinon, tout le reste est intéressant, même si c’est trop expérimental pour être utilisé sur le plan opérationnel, notamment dans le cadre d’un audit référencement.
Le moteur met aussi à disposition le flux RSS de chaque slashtag ou divers widgets à utiliser sur son propre site, ainsi qu’une toolbar.
Une autre fonctionnalité intéressante que je viens de découvrir sur Blekko concerne le bouton Adsense qui apparait lorsqu’on entre le slashtag /adsense=XXX (XXX étant le numéro d’ID à rechercher).
Il y a aussi un onglet Adsense qui apparaît si vous cherchez un nom de domaine qui contient les publicités Google. En cliquant dessus, vous avez tous les autres sites du compte Adsense.
Certains grognent par rapport à cette fonctionnalité ou le non-respect du tag noarchive, mais je trouve que la transparence est salvatrice.
Blekko Techno
Le moteur Blekko se base sur la technologie ScoutJet pour indexer le contenu sur le Web. Dès son apparition en 2008, Scoutjet était pris pour un robot spammeur, mais sa crédibilité est remontée grâce au partenariat avec Blekko.
Pour l’instant, l’index est minimaliste comparé à celui de Google, mais ce moteur se place en alternative plutôt qu’en Google Killer. D’ailleurs, en partant du principe que plus de 90% des pages indexées par Google ne sont pas vraiment intéressantes, l’index du trublion ne devrait jamais devenir massif.
Le HostRank chez Blekko est plutôt nébuleux. Je ne sais pas comment il est généré, mais comme pour tout indice, c’est celui qui a la plus grosse qui gagne.
Comme d’habitude, le français est une langue difficile à appréhender pour un moteur de recherche et les accents sont zappés des slashtags.
Pour tester un moteur de recherche, le truc bien connu consiste à entrer une requête correspondant à sa propre identité – en admettant être bien visible sur le Web. C’est une requête qu’on connait bien et qui est maîtrisée pour les plus précautionneux en e-réputation.
A ce niveau, c’est vraiment pas mal pour Blekko car j’ai seulement 2 résultats qui me semblaient inintéressants ou inadéquats, mais par contre il en manque quelques uns qu’il faudra que je m’empresse d’ajouter. C’est ça aussi le truc magique car je peux proposer des nouvelles ressources au moteur. Nous sommes aux antipodes d’un moteur fermé tel que Google.
En cherchant des personnalités bien plus connues et intéressantes que ma petite personne, je suis tout aussi ravi des résultats. En clair, l’information retournée est beaucoup plus limpide sur tous les secteurs que j’ai testé. Chercher des blogs se révèle aussi particulièrement intéressant.
Maintenant, pour compliquer un peu la recherche, je vais taper Dishwasher (lave-vaisselle en anglais) qui avait rendu Paul Kedrosky en colère.
Même si ce n’est pas parfait (un domaineur en prems), les résultats de recherche n’ont rien à voir avec ceux de Google qui sont juste pitoyables.
Ce qui est remarquable se déroule lorsque j’ajoute l’élément «buy». Maintenant, les résultats de recherche sont largement différents du précédent. C’est un mix d’information pour mieux acheter, en opposition totale avec les gros racoleurs qu’on retrouve sur Google.
Alternative viable ?
En tout cas, je ne sais pas si c’est Blekko qui est tellement génial ou Google qui devient ennuyeux, mais cela serait salvateur de voir apparaître une alternative différente qui prenne de l’ampleur. Le seul autre survivant, Bing, reste en deçà du leader du point de vue technologique.
Fondamentalement, un moteur 100% basé sur des algorithmes restera idiot puisqu’il ne comprend pas ce qu’il lit.
Malgré tous les efforts des hordes de talentueux ingénieurs, le constat est implacable car Google est toujours aussi pourri.
Maintenant, reste à voir comment cette alternative saura passer le point critique après que les early-adopters et autres leaders d’opinion auront plaidé en sa faveur. C’est sans doute un peu trop geek pour le commun des utilisateurs qui n’a même pas encore compris que Goolge comprenait des dizaines d’opérateurs fantastiques.
Peut-être que Google correspond mieux à l’utilisateur lambda, mais celui qui peut se considérer d’un niveau avancé devrait se délecter sur Blekko.
En fait, le secteur de la recherche d’information n’est pas pénétré par de nombreuses entreprises. Malgré l’enjeu gigantesque et la cagnotte gargantuesque, peu se risquent à attaquer frontalement le monstre Google. Peut-être que les pets foireux du passé tels que Quaero (annoncé comme Google Killer pour devenir un projet expérimental ignoré), l’échec cuisant de Wikia, la descente aux enfers de Yahoo! ou l’incapacité de Microsoft à contrer le leader sont des facteurs décourageants pour les entrepreneurs ? En plus, c’est vraiment amusant et passionnant de s’intéresser à la recherche d’information en ligne.
Bref, découvrez par vous-même l’intérêt de Blekko qui fera peut-être partie des prédictions intéressantes pour 2011. Parfaite transition pour souhaiter pleins de bonnes choses à tous mes lecteurs.
Ayant une centaine d’invitations à disposition, contactez-moi pour être invité sur Blekko.
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