Les amateurs et le spam sont-ils la Peste ?

Ce billet est une réponse à Les amateurs sont la Peste qui va durer (en anglais).
L’auteur, Joe Hall, attaque violemment les amateurs que l’appât du gain ont attiré sur Internet.

Hormis le fait que la plupart des professionnels du Web sont de purs autodidactes, il est malvenu de s’insurger contre les amateurs, le Black Hat SEO et le spam en général car la liberté sur Internet doit être préservée.

Joe Hall

Dans son article, Joe Hall souffle un bon coup en déversant son venin sur les monceaux de spam reçus dans sa boîte mail, de demandes d’échanges de liens peu pertinentes, de réseaux sociaux saturés avec du contenu pauvre, etc.

Ensuite, il fait un amalgame entre les amateurs et les spammeurs pour finir par déclarer que le spam ne marche pas.

A la fin, Joe Hall décline quelques conseils de base comme :

  • Etudier les Web marketeurs qui ont réussi.
  • Apprendre à écrire.
  • Rejoindre la communauté.

La liberté sur Internet

Franchement, je déteste les Joe Hall qui se croient permis de réguler le Web. Que ça soit Hadopi, Google ou Joe Hall, même combat qui est de prétendre à un réseau Internet  contraint de suivre des règles et valeurs érigées au nom de certains dogmes.

Pour commencer, le spam fonctionne très bien. En plus, cela n’a rien à voir avec l’amateurisme; bien au contraire…
Que ça soit du référencement Black Hat ou n’importe quelle stratégie de spam comme l’emailing de masse, il est tout à fait possible de gagner (beaucoup) d’argent avec ces techniques. Ceux qui remportent le pactole en prenant des chemins de traverse sont tout à fait professionnels. Le Black Hat SEO ou le spam en général sont l’apanage d’entités qui disposent de moyens financiers conséquent, d’une stratégie impeccable et d’une technique de pointe. Pour réussir du côté obscure de la Force, il faut mettre en place des moyens conséquents qui sont juste appliqués différemment d’une stratégie «propre» ou White Hat.

De quel droit Joe Hall peut-il interdire certaines pratiques ou empêcher n’importe qui de se lancer dans l’aventure Internet ? Il peut détester les pratiques de Black Hat SEO ou spam, mais c’est plutôt ses principes qui sont détestables. Les aspérités du Web marketing nous rendent libres; chacun peut choisir sa voie comme il l’entend.
Pour ma part, j’ai opté pour travailler proprement tout en ayant une bonne maîtrise des techniques SEO Black Hat. «Il faut savoir faire le mal pour faire le bien».

Ce billet est d’autant plus consternant que les conseils prodigués par Joe Hall sont d’une banalité affligeante.

Au fait, ce monsieur est le fondateur et PDG de Whos Talkin (un moteur de recherche social dont personne n’a jamais entendu parler).

Pourquoi j’en parle

Vous allez me dire que ce n’est pas la peine de relever ce qu’il dit et encore moins la peine de se fendre d’un billet. Sauf que ça fait un moment que je n’avais pas poussé un coup de gueule et son torchon m’a fait bondir.
De manière plus globale, c’est l’occasion de répéter la nuance importante lorsqu’il s’agit de spam ou Black Hat SEO. Le débat n’est pas du tout par rapport au soi-disant amateurisme de ceux qui pratiquent le Black Hat. Le débat concerne ceux qui pensent que c’est un raccourci pour ne pas entreprendre le travail besogneux qui s’apparente au White Hat.

Il m’arrive couramment de discuter avec des entrepreneurs qui ont entrepris une stratégie de référencement ayant franchi la ligne des guidelines Google. Mon discours est toujours le même puisque je ne vois pas en quoi un moteur de recherche devrait nous interdire de travailler d’une façon ou d’une autre. Le but du jeu est de ne pas se faire choper, mais franchement rien à faire des règles de Google.

Le danger vient lorsqu’on s’engage dans une stratégie Black Hat sans en connaître les risques. C’est pourquoi il est important pour un référenceur de maîtriser les principales techniques utilisées dans le Black Hat SEO. Même sans suivre l’actualité du secteur, il est sain de connaître les grands principes de base qui restent immuables dans le temps. J’en parle dans mon billet Ne tirez pas sur le référencement Black Hat.

Néanmoins, il réside un cadre légal qui condamne tout acte de hacking ou piratage. Au sein de ce cadre légal, chacun fait ce qu’il veut. Il n’y a pas de thématique tabou selon moi et je ne refuse pas une collaboration sous prétexte qu’il s’agit d’un site vendeur de vidéos porno, viagra ou tout ce que la bonne morale réprouve.

Pour conclure, je travaille sur Internet justement parce que ce médian me permet d’être libre. Je suis parti de France car je trouvais que ma liberté d’entreprendre était étouffée. On se fait déjà chier à supporter la loi de Google, mais je défends mon droit de spammer si jamais l’envie me prend.