On accuse Panda et Pingouin d’avoir muté dans des pénalités de plus en plus déroutantes pour ceux qui suivent de près l’hécatombe.
Pour rajouter un brin de coquinerie, d’un côté, Google dit qu’il n’a rien lâché et de l’autre les SEO observent des fluctuations énormes dans les SERPS.
Alors, c’est quoi ce boxon ?
Depuis que j’ausculte des sites défoncés par des pénalités algorithmiques, j’en ai vu des vertes et des pas mûres. Que cela soit pour mes propres sites ou des sites clients, on se tape souvent la tête contre les murs, pour finalement abandonner le pauvre site à patauger dans les limbes de l’index Google.
Parfois ça revient tout seul, souvent on met une croix sur sa tombe et on trace la route.
Attention, je précise bien qu’il ne s’agit pas de la pénalité pour liens factices signalée dans les Webmaster Tools, mais un boulet algorithmique que le site se prend dans le foie.
Grâce à Panda plus Pingouin et l’exemplaire guerre psychologique menée par Google, tout le monde s’est mis au garde à vous.
Nettoyage de liens, montée en puissance du contenu, prière devant les vidéos de Matt Cutts… tout est bon pour se plier aux exigences de « qualité » (notez les guillemets) imposées par le moteur de recherche.
C’est tragi-comique d’observer une certaine catégorie de gourous du SEO, qui se branlent sur les m.a.j. des filtres. On s’en fout de savoir si c’est Panda 4.12 ou 4.13. Tout ce qu’on sait est qu’on a un site dans la merde !
Peu importe si le fautif est un Panda de Transylvanie accouplé à un Pingouin du Zimbabwe. La seule chose qui compte est de savoir comment s’en sortir.
Je n’en reviens toujours pas du coup de Trafalgar joué par Google.
Il n’a pas réussi à révolutionner son algo tout seul, mais les actions massives des responsables de sites Web terrorisés lui ont appris plein de trucs intéressants. Le Google Zoo est un fantastique dataset pour son Machine Learning, en plus d’être de diaboliques armes d’InfoWar.
Trop balaise Google, t’as bien joué le coup. Tu dois te taper le cul par terre à observer les fourmis galoper dans tous les sens après avoir allumé un pétard dans la fourmilière.
Surtout, je pense qu’il a réussi à qualifier une sorte de filtre super vicieux qu’on peut appeler la perte de confiance.
Je n’en sais rien si c’est un mutant de Panda ou Pingouin, mais les symptômes sont les suivants :
Tous les mois, le site perd un peu plus de positions – genre 5 à 20%.
Ce n’est pas une pénalité franche où le site se fait fracasser direct du jour au lendemain et tu te retrouves avec un encéphalogramme plat dans tes stats.
On dirait que Google te dit que tu n’es pas un spammeur et un tricheur, mais il a bien compris que tu avais fait du SEO à la Papa.
Du coup, il te fout un gros coup de klaxon en t’avertissant que tu es sur la pente descendante car il n’a plus confiance en toi.
Le gros coup de vice est que certains sites touchés par ce genre de symptômes peuvent faire une corrélation avec un lâcher de Pingouin, mais je ne pense pas que ça soit uniquement ce filtre car il y a de gros soucis « on site » en plus du profil de liens, qui fait du 220km/h sur une départementale avec une fumée fluo sortie du pot d’échappement et Fuck The Police dans la boombox.
En passant, ne pensez pas que le reste de l’armada des filtres et pénalités s’arrêtent le jour où un Panda ou un Pingouin s’est échappé du zoo. Tu penses avoir bu un Mojito à base de vodka frelatée, mais en fait il y avait du GHB dedans.
Avec cette saloperie de filtre nouvelle génération, il te souffle fort dans l’oreille que t’as intérêt à lui montrer fissa ce que t’as dans le bide si tu veux sortir de la garde à vue.
Contrairement à mon conseil du passé où je disais qu’il ne fallait jamais avouer qu’on était coupable, dans le cas présent tu dois t’allonger direct comme une salope de balance.
Ce qu’il veut voir est un signal fort de « qualité » sur le site et dans son environnement. D’accord pour te mettre en probation, mais t’es mis à l’amende et pas question de retoucher au grisbi.
Et quand je dis signal fort, ce n’est pas du genre je commande du contenu 5 étoiles au lieu de 3 étoiles chez TextBroker. Ce n’est pas non plus du genre je fais du média citoyen et de l’achat de gros liens d’autorité au lieu du CP et de l’annuaire.
Vraiment, il veut voir que tu mérites d’être un site qui claque, celui dont tout le monde va partager spontanément le contenu, blabla…
Si tu es encore au stade de simuler le naturel grossièrement, ça ne marchera pas.
Je n’ai pas encore assez de recul pour voir si on peut complètement sortir de la merde ce genre de sites. On arrive à sauver les meubles, récupérant quelques bonnes positions et 20-30% du trafic global, mais c’est chaud pour réellement inverser la courbe.
Personnellement, je conseille toujours de démarrer un nouveau site en parallèle des opérations de sauvetage.
Prenez date le plus rapidement possible avec un nouveau site car en se projetant 6 mois plus tard, le nouveau site aura déjà bien grandi, alors qu’on a toujours un gros point d’interrogation sur le site malade.
Oui je sais, c’est chiant, c’est cher, c’est long, c’est douloureux, toussa.
Croyez moi, un SEO est affecté par les malheurs de ses clients. Traitez quotidiennement des sites pénalisés depuis des années et ça impacte forcément le moral, même si ce ne sont pas nos sites.
Nous sommes peut-être de sales capitalistes abuseurs d’algorithmes, mais il nous reste un petit lambeau de cœur et un soupçon d’âme, vibrant encore sous la carapace du guerrier des SERPS.
Aujourd’hui, je ne propose plus de devis, si je ne suis pas sûr de pouvoir renverser la vapeur. C’est cruel de laisser des gens en plan, mais je ne me sens plus de facturer, alors que je ne suis pas à peu près sûr qu’on puisse résoudre le problème.
Par contre, s’il s’agit de faire une croix sur le passé et repartir du bon pied, alors j’ai la solution pour bien faire naître un site et lui donner toutes les chances de devenir « remarquable ».
Le plus triste dans l’histoire est que les référenceurs les plus agressifs sont les moins touchés. Nous avons toujours pris en compte les répliques de Google dans le business model. Certes, c’est moins la fête qu’auparavant, mais il y a encore de la place pour torturer ce con de moteur.
Ceux qui prennent ça en pleine poire et sont désemparés ne sont que coupables d’avoir suivi aveuglément le manuel du référenceur du dimanche.
Je ne remets pas en cause cette stratégie car elle fonctionnait.
Sauf que maintenant, il y a le feu à la baraque et on essaye d’éteindre l’incendie avec une serviette en papier.
Un bon entrepreneur doit savoir faire rapidement un pivot à 360°; ça fait mal, mais ça fait la différence entre ceux qui réussissent et… les autres.
Donc pivotez !
Et je ne parle pas d’un petit saut de cabris du footballeur qui cherche le penalty dans la surface, mais bien une remise en question globale. L’objectif est plutôt du style Messi qui va dribbler 7 adversaires et planter une lucarne pour gagner le match.
Cela dépasse largement le cadre du nettoyage de liens et la publication de contenu moins merdique qu’auparavant.
J’en ai parlé récemment, mais montrez que vous avez quelque chose à foutre, mettez à plat sur la table vos tripes et votre cœur pour être le meilleur et mériter cette foutue place en tête des résultats de recherche.
C’est toujours la même question qu’il faut se poser : « de quel droit je mérite d’être numéro un ? ».
Oui je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire.
Oui je sais, ce n’est pas juste car vos concurrents merdiques sont encore bien positionnés.
Comme beaucoup d’autres, j’ai forgé mon expérience en SEO grâce à l’échec. Heureusement, je n’ai jamais mis en danger mon business model, mais c’était tendu parfois.
Encore une fois, je compatis avec la PME qui est au bord de mettre la clef sous la porte car Google s’est fâché.
Malheureusement, je n’ai pas la solution miracle.
J’ai la solution, mais il va falloir se sortir le doigt.
Votre avis m’intéresse vraiment sur le sujet.
J’en ai discuté avec plusieurs potes, mais c’est encore le genre de trucs qu’on s’échange sous le manteau au sein de la communauté.