Suite à un commentaire de Loran sur mon dernier billet, je vais donner mon point de vue sur la manière d’être moins dépendant du trafic gratuit émanent de Google.
Cette manne de trafic, qui déboule depuis le moteur de recherche Google, est une incongruité.
Tout cela repose sur un paradoxe artificiel où les référenceurs, webmarketeurs et spammeurs se régalent depuis presque 10 ans.
Certes, l’acquisition du positionnement possède un coût, mais il se transfère simplement en facteur temps pour l’individuel qui grappille sur des systèmes de rémunérations basiques types PPC ou affiliation. Même pour la start-up ou commerçant en ligne qui souhaite capitaliser sur le référencement naturel, le coût d’acquisition est sans commune mesure avec l’IT ou le reste du marketing.
Oui le référencement naturel est gratuit ou vraiment pas cher. En plus, comme dit le dicton « PPC is temporary, SEO is forever ».
Enfin bon, pas si éternel que ça lorsque Google décide que le site ne correspond plus à ses attentes.
À la limite, gueuler contre le méchant moteur n’est pas le bon réflexe. La bonne question à se poser est plutôt d’analyser si le site ne profitait pas de faiblesses latentes d’un algorithme idiot qui ne comprend toujours pas ce qu’il lit ?
Savoir abandonner
Personnellement, je n’ai jamais insisté lorsque je sens qu’un système part en vrille. J’ai abandonné Adsense ou l’affiliation depuis belle lurette car c’était trop facile pour être vrai. Faire la moitié de n’importe quoi à partir de que dalle pour gagner des sommes à 5 chiffres par mois n’est pas « normal ». Je prenais ça comme un bonus, mais je me tenais toujours prêt à virer sur autre chose.
Depuis 2009, je cherchais une évolution et j’ai enfin trouvé la manière de faire du vrai e-commerce en évacuant tous les facteurs emmerdement. Je raconterai mon affaire bientôt car le lancement est imminent.
Maintenant, le souci des victimes de Panda qui se retrouvent au bord du gouffre est d’avoir crû que la fête serait éternelle. Bâtir des modèles économiques ambitieux sur des systèmes boiteux relève de la bêtise ou de la folie pure. Bien sûr que c’est boiteux car on profite des faiblesses ou même failles du moteur pour gagner du fric en évitant au maximum de mettre ses tripes et son cœur sur la table.
Au moment où les fermes de contenu étaient pointées du doigt, l’exemple favori de contenu insipide se rapportait à un article sur la manière de nouer ses lacets. Le sujet peut paraître trivial et se transforme en vomi éditorial lorsque le rédacteur est payé 5$ plus 25% des clics publicitaires, mais devient une présentation extraordinaire traitée par Terry Moore sur Ted.com.
Trafic en trois tiers
En effet, pour être moins dépendant de Google, la recette est de plonger corps et âme dans son projet.
Désolé de décevoir tous ceux qui attendaient encore un autre miracle pour éviter de bosser, mais la simple vérité se rapporte à la passion. Certes, le volume et pages et de backlinks se transforme toujours en potentiel de trafic émanent des résultats de recherche, mais la couche décisive qui fera toute la différence se situe au-dessus du reste.
Concrètement, cela donne mon modèle de trafic en trois-tiers que je répète encore et toujours.
Je le ressors à chaque occasion car j’en suis fier. C’est loin d’être facile à acquérir, mais ce n’est pas non plus long ou compliqué. Principalement, les notions de popularité, notoriété et autorité se travaillent selon des fondamentaux établis. Omettre ces principes rapproche le projet d’un modèle qui dépend toujours plus d’un moteur dangereux, avec tous les risques que cela implique. Acquérir ce modèle oblige à penser correctement sa stratégie et à s’impliquer sans faux-semblant, mais permet de pérenniser un trafic qui repose sur des piliers puissants. Rien ne peut arriver à un site qui divise sa visibilité sur plusieurs vecteurs.
Même le plombier ou le vendeur de nouilles peuvent engendrer l’émulsion nécessaire pour créer une visibilité intéressante et performante. Ceux qui ne peuvent pas valoriser le facteur passion seront toujours bancals par rapport aux évolutions des moteurs qui cherchent à améliorer la qualité de leurs résultats.
Internet, paradis de l’entrepreneur
La beauté et la liberté d’Internet suggèrent que tout le monde possède sa chance. N’importe qui peut lancer sa boutique en ligne, devenir expert en chaispasquoi ou racoleur de bidules&trucs.
Maintenant, ce n’est certainement pas donné à tout le monde de réussir. C’est déjà magnifique de pouvoir se lancer sans tous les freins assortis aux modèles « terrestres », mais le succès sera franchement dépendant de tout ce que vous pourrez donner à votre site, plus profondément que dans les couches superficielles habituelles. Un contenu acheté 5€ sur TextBroker et un apport de popularité basé sur des inscriptions annuaires et pseudo-communiqués de presse continue de fonctionner, mais cela n’a rien à voir avec le site qui fera éclater la passion du propriétaire à la face du Web.
Mieux qu’ailleurs, l’échec n’est pas une fin en soi, mais plutôt une expérience qui permet de rebondir pour devenir plus aiguisé. Selon moi, l’échec et savoir abandonner sont des qualités indispensables. C’était même le sujet de ma présentation TEDx où on me demandait comment devenir un SEO Rockstar.
Edit 24/11 : le graphique était pris sur le mois de décembre 2010. J’ai refais un screenshot sur une période plus longue pour voir si ma répartition était toujours dans le même ordre d’idée. Lucky me, ça reste valable ! La zone des Campagnes en jaune est un bug où mon flux RSS était pris comme tel pendant un moment (je n’ai jamais fait de Adwords pour mon activité). Il faut donc rajouter les 1,67% aux référents.

