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Quel est ce bug dans le modèle économique Google ?


La theorie des jeuxPourquoi y à t’il un bug dans le modèle économique de Google ?

C’est en consultant une présentation récente, par Rand Fishkin, sur les futurs signaux de pertinence, que je me suis posé la même question que tout le monde sur les slides 60 et 61.

Est-ce vraiment une attitude long terme, comme le pense Rand, qui est suggérée par ce phénomène ou y a t’il une autre raison plus pernicieuse ?

Les soucis au paradis

En comparant la courbe de hausse des recherches dans le temps avec la chute des revenus publicitaires, on voit clairement que ça cloche.

Hausse-recherche-information

 

Chute-revenus-publicitaires

 

Source Image : Rand Fishkin

Du coup, en adoptant l’attitude Bisounours, Google serait bienveillant au point de flinguer son modèle économique pour le bienfait de la recherche d’information et notre satisfaction ?

Si Google n’était pas une entreprise américaine cotée en Bourse, je pourrais y songer.
Sachant que Google n’est pas un moteur de recherche car c’est bien une régie publicitaire, je me permets de douter des intentions réelles.

Quand Sylvain Peyronnet m’a appris que Google avait embauché les meilleurs spécialistes de la Théorie des Jeux, je me suis dit qu’Adwords était dans la merde. Avec ce type d’algo, on entre dans des niveaux très élevés de manipulation des masses.
Si ma mémoire est bonne, Sylvain a lâché l’info il y a 2 ans.
Ils n’ont toujours pas résolu le problème.

Google est en danger. Même si cette baisse était anticipée, le risque est réel.
Tout l’histoire est expliquée dans le document officiel d’entrée en Bourse où il est relaté que la situation deviendrait compliquée, surtout si la croissance n’était pas bien gérée.

La réalité du système capitaliste veut que la courbe grimpe. Je ne sais pas quelle est la marge d’acceptation de la chute, mais il y aura forcément un point de rupture car les excuses ont une durée de vie limitée en business.

De mon côté, je ne penche pas pour la théorie du Google bienveillant qui veut le bienfait de l’internaute.

Justement, le problème fondamental est que cette notion est ancrée profondément dans la culture de l’entreprise. « Organiser l’information du monde entier et la rendre disponible le plus facilement à tout le monde » est le pitch officiel. C’est gavé jusqu’au fond du gosier à tous les employés.
Certains de ces employés sont les personnes les plus intelligentes dans le monde.
Ces superstars dans leurs domaines respectifs n’attendent pas le redressement de la courbe des revenus publicitaires pour avancer.

Il faut se rappeler que Google est une entreprise hyper fractionnée. Les délégations locales, telles que Google France, sont insignifiantes car elles n’ont aucun pouvoir. Les cracks d’Adwords ne mangent pas à la cantine avec les pauvres abrutis du Search.
Entre l’expérience scientifique et le déploiement à l’échelle industrielle, dans une dimension aussi gigantesque, pose d’énormes problèmes. C’est pour cela que l’objection numéro une est le « sanity check ». C’est à dire que les évolutions ne doivent pas faire déconner l’existant.
Le moteur de recherche Google, tel qu’on le connaît dans la version desktop, ne pourra pas se transformer radicalement grâce à une évolution technique. Le succès de la guerre psychologique est nettement plus probant pour tacler la priorité numéro une : économiser les ressources.
Je serais à la retraite depuis longtemps quand Google pourra être capable de « comprendre » ce que je veux dire (pour l’instant il ne fait qu’interpréter).

Sous les paillettes, c’est la guerre !
Google embauche des super cerveaux, qui se retrouvent souvent surqualifiés pour la réalité de leur job.
Par ailleurs, il existe une véritable terreur de la hiérarchie.

Finalement, son meilleur ennemi c’est lui-même.

Merci Google

Malgré tous ces freins, les super cerveaux arrivent à pondre des trucs qui nous mettent une baffe à chaque fois.
Je me rappelle la claque quand j’ai vu Google Earth pour la première fois. Plus récemment, j’ai pris un coup quand j’ai utilisé Google Now.

Bien que je ne loupe pas une occasion de tacler l’entreprise de Moutain View (à défaut de savoir ce qu’est exactement Google), on doit lui reconnaître de bons aspects. Par exemple, le Web est beaucoup moins merdique qu’avant. Certes, il y a une évolution naturelle, mais ils nous ont donné de bons coups de pieds au cul.
Avec le recul, je pense que ce n’est pas plus mal qu’on soit obligé de bosser un peu mieux qu’avant pour acquérir une visibilité notable sur Internet. Merci l’infowar Google.

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